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Couverts végétaux et produits phytos


Les conduites de cultures en semis direct dans une couverture végétale morte (mulch) ou vivante sont de plus en plus mises en avant pour leur bénéfice pour la qualité de l’eau. Si la couverture prolongée du sol avec cette conduite représente un intérêt certain pour réduire la pollution nitrique, l’utilisation de produits phytopharmaceutiques est généralement supérieure à celle d’une conduite avec labour. Cependant, l’accumulation de matière organique en surface du sol engendrée par les couverts végétaux permettrait une meilleure fixation et décomposition des matières actives. Qu’en est-il vraiment ?


La conduite de culture en semis direct utilise une part plus importante de produits phytopharmaceutiques que les conduites avec labour.  L’accumulation de matières organiques en surface du sol par les couverts végétaux permettrait une meilleure fixation et décomposition des matières actives.


C’est vrai.  Les molécules de produits phytosanitaires sont retenues par les résidus de couverts végétaux en décomposition sur le sol: c’est le phénomène d’adsorption. Une matière active adsorbée est fixée à la matière organique et perd son efficacité.

Ce phénomène dépend :

 

•             De la matière active épandue

•             Du couvert végétal précédent l’application de la matière active

•             Du degré de décomposition des résidus du couvert.

 

Si l’on considère 3 matières actives, l’époxiconasol, le glyphosate et le S-métolachlore, on constate sur la figure ci-contre que :

 

1)            L’époxiconazole est bien plus adsorbé par les résidus de couvert que le glyphosate ou le S-métolachlore,

2)            Les différents couverts ont des capacités d’adsorption différentes selon le type de matière active et leur état de décomposition.

3)            Plus les résidus de couvert se décomposent et plus la quantité de matière active immobilisée augmente. Une décomposition rapide des résidus de couverts assure une quantité importante de matières actives adsorbées.

 

Ces résultats laissent penser qu’une destruction précoce des couverts d’interculture permettrait de limiter le risque de lessivage des matières actives (car les résidus seraient davantage décomposés au moment du traitement). Cependant, d’autres facteurs interviennent rendant complexe la prévision de la quantité de matières actives perdues vers les eaux. Parmi ces facteurs, on peut noter : la biomasse du couvert au moment de sa destruction, le degré de recouvrement du sol au moment du traitement phytosanitaire, l’enfouissement éventuel des résidus, le type de sol…

 

Enfin, on notera qu’une matière active adsorbée par des résidus de couverts n’atteindra pas sa cible ce qui entraîne une perte d’efficacité des traitements.

 


Une expérimentation de l’INRA de Toulouse a montré sur une culture de maïs conduite en semis direct et en strip-till, des concentrations en matières actives dans les eaux de drainage bien plus importantes qu’en conduite conventionnelle, et pas forcément associées à des IFT plus élevés. Dans ce cas, malgré la présence de résidus de couvert végétal, des matières actives ont été entrainé dans les eaux de drainage. La raison est pédologique : le sol très argileux peut présenter des fentes qui sont une voie de passage rapide des eaux de drainage chargées en molécules phytopharmaceutiques vers les nappes.


Sources : Cassigneul, A., Alletto, L., Benoit, P., Bergheaud, V., Etiévant, V., Dumény, V., Le Gac, A.L.,Chuette, D., Rumpel, C., Justes, E., 2015. Nature and decomposition degree of cover crops influence pesticide sorption: Quantification and modelling. Chemosphere 119, 1007–1014.

Projet Mic-Mas design 


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N°22 - Octobre 2015

La prévention des dégâts causés par les limaces


La période automnale est propice au développement des populations de limaces en parcelles agricoles. Les limaces provoquent des dégâts sur les cultures en début de cycle en réduisant le nombre de pieds et en diminuant leur vigueur. Les dégâts peuvent être importants. Pour limiter le nombre de traitements chimiques, il est impératif d’évaluer le risque et d’activer les leviers agronomiques permettant de réguler les populations.


Travail du sol : En interculture d’été, le travail du sol entraîne une perturbation du milieu de vie des limaces avec une diminution des populations et du nombre d’œufs. Le déchaumage le plus tôt possible après la récolte est un premier frein au développement des populations. Le broyage fin des résidus et leur répartition homogène en surface limitera les zones refuge pour les limaces.

Couverts d’interculture : La présence d’un couvert d’interculture peut être favorable au développement des populations de limaces en leur fournissant un refuge. Des repousses avec des résidus de cultures est un milieu plus favorable au développement des limaces qu’un couvert d’interculture semé avant travail du sol préalable. En situation à risque, un couvert peu appétent pour les limaces doit être privilégié.

Cultures : Une culture qui lève rapidement aura une phase de sensibilité aux limaces plus réduites. Semer à une date optimale et sur un sol en bonne état va dans ce sens. Avoir un lit de semences fin, sans motte et des lignes de semis bien refermées limitent les zones refuge des limaces. Les cultures ne sont pas égales face au risque limaces, la vigilance est davantage de mise pour certaines cultures.

Auxiliaires : en parcelles agricoles, les carabidés sont des prédateurs efficaces par leur activité nocturne. Il faut chercher à les favoriser. L’implantation de bandes enherbées en bordure ou au sein des parcelles avec une hauteur de fauche de 20cm est à favoriser. Les haies avec un enherbement à leur pied sont également d’excellents refuges pour les carabes.


La combinaison de ces leviers permet de favoriser la régulation des populations. La mise en place de solutions agronomiques intervient avant l’utilisation de traitements chimiques. Ces derniers doivent être raisonnés en posant des pièges en parcelles. L’intervention est déclenchée en fonction du niveau d’infestation de la parcelle et de la culture en place. La connaissance de l’espèce et de sa dynamique permet également de mieux raisonner sa lutte. Plus d’informations ici.


Source: Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire. Limaces: prévenir par l’agronomie plutôt que guérir par des traitements. Juin 2014. Plaquette Ecophyto.

 

 

N°21 - Septembre 2015

Les Certificats d’Économie de Produits Phytopharmaceutiques

 


Le projet Ecophyto V2 fixe un objectif de réduction d’usage des produits phytopharmaceutiques de -50% à l’horizon 2025. Pour atteindre cet objectif, le projet prévoit l’expérimentation d’un dispositif de Certificats d’Économie de Produits Phytopharmaceutiques (CEPP). Les distributeurs de produits phytopharmaceutiques dont les négociants agricoles sont les principaux concernés.


 

Qui ? Les CEPP concernent les distributeurs de produits phytopharmaceutiques.

 

Quoi ? Il faudra pouvoir justifier de la mise en place par vos clients agriculteurs d’actions reconnues pour diminuer l’usage des produits phytopharmaceutiques. L’évaluation se fera uniquement sur la mise en place de ces actions par les agriculteurs et pas sur la réduction des ventes de produits phytopharmaceutiques.

 

Quand ? Le dispositif devrait être mis en place pour début 2016.

 

Où ? en métropole et Corse en 2016.

 

Combien ? Les actions mises en place par vos clients doivent représenter une réduction de 20% de votre NODU de référence d’ici 2020. Votre NODU de référence sera calculé par l’administration en fonction de votre historique de vente (en volume) de 2010 à 2014 en excluant la meilleure et la plus mauvaise année. En cas de non-atteinte de l’objectif de réduction en 2020, une pénalité financière de 11€/NODU manquant sera appliquée.

 

Comment ? Seules les actions reconnues par le Ministère de l’Agriculture vous donneront droit à des CEPP. Ces actions doivent pouvoir entrer dans une des catégories suivantes : les variétés résistantes, le machinisme, le biocontrôle, les Outils d’Aide à la Décision (OAD), le changement d’affectation du sol et le conseil. Pour être reconnue, une action doit faire l’objet d’une fiche action déposée auprès de l’INRA. Les fiches-action déjà déposées ne sont pas consultables. Pour les produits et services proposés par un fournisseur, vous pouvez consulter ce dernier pour savoir s’il a déposé une fiche-action. Pour des produits et services qui vous seraient propres (développés par votre entreprise), la fiche-action est à réaliser par vos soins (fiche à déposer avant le 04/09/2015 pour reconnaissance dès le 01/01/2016).

 


Vos entreprises réalisent déjà ce genre d’actions. Une fois que les fiches-actions déposées seront publiées, faites un point sur les actions que vous proposez à vos clients et développer votre offre commerciale en conséquence. Si besoin, de nouvelles fiches-actions pourront être déposées par la suite (mais ne seront pas reconnues dès le 01/01/2016). Des interrogations persistent sur les justificatifs à fournir pour certifier de la mise en place des actions.


Sources: Info Flash FNA n°2015/A/24. L’expérimentation d’un dispositif de certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques (CEPP). 17/07/2015.
Info Flash FNA n°2015/A/29. Projets ECOPHYTO 2 et CEPP diaporama et réponses à vos questions suite à la visioconférence du 31 juillet. 11/08/2015.
Direction Générale de l’Alimentation. Novembre 2012. Le NODU, NOmbre de Doses Unités. http://agriculture.gouv.fr/ecophyto.


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