Groupement des syndicats du négoce agricole
Contact
Une structure au service des entreprises de négoce agricole

Techniques culturales

Gérer les chardons en interculture

Juillet 2026


Le chardon des champs (Cirsium arvense) figure parmi les adventices vivaces les plus difficiles à maîtriser. Très compétitif, capable de coloniser rapidement une parcelle et particulièrement résistant aux interventions ponctuelles, il représente un véritable défi agronomique pour les agriculteurs. Sa gestion repose avant tout sur une stratégie de long terme combinant interventions mécaniques, choix culturaux et traitements herbicides adaptés.


Une plante vivace particulièrement envahissante

Le chardon possède une forte capacité de dissémination. Chaque pied peut produire jusqu’à 1 500 graines facilement transportées par le vent. Toutefois, la principale source de prolifération n’est pas la reproduction sexuée, c’est-à-dire par les graines, mais bien la multiplication végétative. Grâce à ses rhizomes et à ses drageons, cette adventice peut rapidement coloniser une grande surface. Certaines études montrent qu’un seul pied peut envahir jusqu’à 250 m² en seulement trois ans.

Cette capacité d’expansion est liée à ses importantes réserves racinaires. Jusqu’à la fin de l’été, le chardon accumule des réserves dans ces racines afin d’assurer sa survie. En sortie d’hiver et à la fin du printemps, ses réserves sont les plus faibles. Ces périodes constituent donc les moments les plus favorables pour intervenir.

Le déchaumage : un levier majeur contre le chardon

Parmi les méthodes les plus efficaces, les déchaumages répétés pendant l’interculture occupent une place centrale. L’objectif est d’épuiser progressivement les organes souterrains du chardon en multipliant les passages d’outils.

Pour être efficaces, les interventions doivent être réalisées au stade 5 à 8 feuilles du chardon. Les outils utilisés doivent permettre un recouvrement maximal du sol (travail en plein) afin de sectionner les organes souterrains et d’éviter que des drageons survivent. La profondeur de travail idéale se situe entre 6 et 10 cm. Les conditions climatiques jouent également un rôle déterminant : un temps chaud et sec après l’intervention favorise le dessèchement des fragments racinaires et améliore l’efficacité globale du travail du sol.

En revanche, certaines pratiques montrent leurs limites. Le labour, par exemple, reste peu performant sur cette adventice car les organes souterrains peuvent être enfouis sans être détruits. Quant à la fauche, elle n’est réellement efficace qu’après le stade boutons floraux en évitant la production de graines. Une fauche trop précoce peut, au contraire, stimuler la production de nouvelles pousses.

Jouer sur la rotation culturale

Même si la rotation ne constitue pas à elle seule un levier très efficace sur le chardon, elle peut contribuer à limiter sa pression en multipliant les possibilités d’intervention.

La luzerne est souvent considérée comme une culture intéressante grâce à sa durée de présence et aux fauches répétées qu’elle nécessite. Ces pratiques permettent d’affaiblir progressivement le chardon, même si celui-ci peut réapparaître quelques années après la destruction de la culture.

D’autres cultures offrent des fenêtres d’intervention intéressantes. Les céréales récoltées précocement, comme l’orge, permettent par exemple de débuter plus tôt les opérations mécaniques estivales. Le choix de cultures sur lesquelles le binage est possible contribue également à la lutte contre les chardons.

La lutte herbicide

La lutte chimique reste un complément important dans les situations de forte infestation. Les applications herbicides doivent cependant être raisonnées et intégrées dans une stratégie globale. Les interventions peuvent se faire en culture au stade 20-30 cm du chardon et en interculture. Les applications en interculture utilisent du glyphosate. Cette matière active est soumise à une réglementation spécifique qu’il convient de respecter. Il faut également noter que cette matière active se retrouve régulièrement dans l’eau ce qui renforce la vigilance à avoir sur des parcelles proches du réseau hydrographique.  

Les solutions chimiques seules ne permettent pas une maîtrise durable. Le chardon nécessite des interventions répétées sur plusieurs années afin d’épuiser progressivement son système racinaire.


La réussite de la lutte contre le chardon repose avant tout sur l’anticipation et la régularité des interventions. Plus les premières pousses sont gérées tôt, plus il est possible de limiter l’extension de la vivace.

La combinaison des leviers agronomiques, mécaniques et chimiques constitue aujourd’hui la stratégie la plus efficace. Aucune méthode isolée ne permet d’obtenir des résultats satisfaisants sur le long terme. Une approche globale, adaptée au système de culture et menée avec constance pendant plusieurs campagnes, reste indispensable pour contenir durablement cette adventice particulièrement tenace.


Sources : https://www.arvalis.fr/infos-techniques/comment-lutter-contre-le-chardon-des-champs-dans-les-cereales

Connaître les adventices pour mieux les gérer

Comment réaliser une mesure de reliquat en sortie d'hiver ?

La rentabilité du désherbage ciblé

La lutte contre la JNO

Les leviers agronomiques pour prévenir les dégâts de limaces

La gestion des ray-grass résistants

Fertilisation phospho-potassique et pH

Le calcul de l'IFT herbicide en viticulture

Diagnostiquer la structure d'un sol

Les 5 étapes de la lutte contre les limaces

La gestion des adventices dans une parcelle de céréales infestée

La gestion des rumex et des chardons sans herbicide

Comment réaliser une mesure de reliquat en sortie d'hiver ?

Prosulfocarbe et dérive de pulvérisation - Octobre 2023

Les apports d'oligo-éléments

RAPPEL DES CONDITIONS D’UTILISATION DU GLYPHOSATE

LE DESHERBAGE DES VIGNES SANS GLYPHOSATE

Les essais système zéro phyto en grandes cultures

Les buses à haut potentiel de réduction de dérive